Rencontre avec Mireille Niyonzima le 28/11/2007
Ah, ça faisait quand même quelques temps qu’on l’attendait cette rencontre avec Mireille, présidente de l’ADDF. Nous avons donc eu la chance de la rencontrer pendant son séjour en Belgique malgré quelques petits malentendus sur l’heure, sans grave conséquence.
Toute la classe de 6e C a fait connaissance avec elle pendant une heure, gentiment concédée par Madame Defayet, encore trop courte pour tout ce qu’elle avait à nous raconter. Morgane et moi connaissions évidemment l’ONG et la situation du Burundi en général mais nous en avons appris autant que les autres. Mireille a réussi à nous donner un aperçu de l’histoire du Burundi et aussi des problèmes, parfois très graves, de non respect des droits de l’homme. Son message est vraiment bien passé chez tout le monde pour qui le Burundi était un pays encore inconnu. Nous avons presque entendu les mouches voler dans la classe tellement que son témoignage était intéressant. Le seul regret que nous avons est de ne pas avoir pu lui parler plus longtemps ...
Le message est passé, reste à bien organiser notre grand jeu 3-4 pendant la semaine burundaise !

Audrey

Rencontre avec Léonidas Habominada le 26/06/2007
Fin juin, Madame Catala et moi avons rencontré Léonidas Habominada, Premier Conseiller à l’ambassade du Burundi à Bruxelles. Nous avions préparé une série de questions relatives à l’histoire du Burundi et à sa situation actuelle ainsi qu’au droit des femmes et à son respect. Léonidas nous a appris beaucoup de choses sur son pays que nous ne connaissions pas vraiment.


La population

La population du Burundi est assez contrastée et diversifiée. La religion dominante est le Protestantisme, vient ensuite l’Islam, puis quelques religions minoritaires. La population est composée de trois ethnies : les Hutus, les Tutsis et les Twas, des pigmés. Le pays a connu beaucoup de problèmes politiques qui ont mené à une importante guerre civile, à l’exil de milliers de personnes et à un grave génocide, à cause de stéréotypes et d’une grande méconnaissance de l’autre. Une paix nationale est maintenant proclamée depuis le 14 mars 2006.


Historique

Après sa prise d’indépendance de la Belgique, le 1er juillet 1962, le Burundi est devenu une royauté jusqu’en 1966. Bien qu’égalitaire, cette royauté était positionnée en colon, ce qui ne pouvait faire avancer le pays. Début des années ‘60, beaucoup de Rwandais se sont rendus au Burundi, mécontents du président au pouvoir, un Hutu. Ils infiltrèrent alors les Tutsis burundais pour leur demander de les aider à nuire aux Hutus, trop nombreux et puissants à leur goût.
En 1965, les premiers massacres de Hutus commencent ...
En 1966, le roi est destitué suite à la régionalisation du Burundi. Tous les organes importants sont installés au sud du pays et les responsables les plus importants viennent tous du sud. Ce régionalisme est très virulent car il est basé sur l’ethnisme pour monter les gens les uns sur les autres et obtenir ainsi un pouvoir plus important. La tension monte donc de plus en plus entre le sud et le reste du pays.
Suite à de nombreux faits politiques, toujours basés sur l’ethnisme, d’importants massacres se sont produits entre Hutus et Tutsis en 1965, 1969, 1972, 1988, 1991 et 1993. La politique et l’état du pays sont très chaotiques jusqu’en 2000 où un accord de paix est signé à Arusha sous l’égide de Nelson Mandela. En janvier 2001, une période de transition de 3 ans est lancée, en attentant des élections législatives et municipales pour 2003 et présidentielles pour 2004. En 2003, des forces hutus attaquent encore Bujumbura, la capitale, mais un accord de paix, le protocole de Pretoria est signé. En 2005, le CNDD-FDD (Conseil National pour la Défense de la Démocratie-Forces pour la Défense de la Démocratie) gagne finalement les élections communales, législatives et sénatoriales. La situation est encore instable mais la paix nationale est proclamée le 14 mars 2006.
Du chemin est encore à parcourir mais le pays se veut démocratique et défenseur des droits de chacun. Un gouvernement coopté est en place et permet aux Twas, ethnie peu représentée et donc vulnérable, d’accéder à certains postes importants. Aujourd’hui, tous les enfants ont la possibilité d’aller à l’école primaire, devenue gratuite. Cela coûte évidemment cher à l’état car les inscriptions sont passées de 250.000 à 550.000 en 2006, mais il est clair qu’il faut faire prévaloir l’éducation pour arriver à un développement économique.
L'ensemble de la population doit essayer de prendre part active à l’avancement du Burundi, et d’abandonner l’intégrisme et la régionalisme qui ont mené à la ruine et à la misère, pour un avenir meilleur.


Respect des droits de l’homme

Pendant toute la période instable de guerre qu’à connue le Burundi, les droits de l’homme n’ont pas été respectés. Il y a eu encore beaucoup de vols, de viols, de règlements de compte qui ont bafoués les droits de l’homme et sont restés impunis jusqu’en 2003-2004. Depuis 2005, il semble que la plupart des violations des droits de l’homme soient réprimées. L’EurAC (Réseau Européen pour l'Afrique Centrale) en observe encore malheureusement beaucoup et pense qu’elles sont dues à des réflexes de la guerre. Il faut que cela change et le gouvernement s’est donc engagé à la protection des droits de l’homme et la Communauté Internationale y apporte un appui financier pour venir en aide aux victimes dont les bourreaux encourent des peines de prison.
Le 21 mai 2004, le Conseil de Sécurité de l’ONU décide de créer l’Opération des Nations Unies au Burundi (ONUB), « afin de soutenir et d’accompagner les efforts entrepris par les Burundais pour établir durablement la paix et la réconciliation nationale dans leur pays, comme prévu par l’Accord d’Arusha. » (ONU). Le 31 décembre 2006, L’ONUB termine son mandat et une nouvelle mission lui succède, le Bureau intégré des Nations Unies au Burundi (BINUB) qui s’occupe à 70% de développement et à 30% de politique. Ce bureau des Nations Unies est composés de cinq bureaux régionaux des droits de l’homme dont le Chef est Ismail Diallo. Les bureaux régionaux des droits de l’homme essayent de mener des actions concrètes afin que le population soit sensibilisée à ses droits.
En ce qui concerne la femme et sa place dans la société, il est ressorti qu’elle a de plus en plus conscience de ses droits et les revendique. Il reste encore de nombreuses choses à améliorer mais la situation s’est bien améliorée depuis le fin des conflits en 2005. La femme occupe à présent 30% des emplois, même dans les fonctions les plus importantes.


Merci à Léonidas d’avoir bien voulu nous recevoir pour nous faire découvrir une partie de l’histoire du Burundi et de sa situation actuelle en matière des droits de l’homme et plus particulièrement de ceux de la femme. Ces informations seront recoupées avec d’autres et nous permettrons de monter notre petite expo !

Audrey
Rencontre avec Bob Albertijn le 29/03/2007
En quête de plus d’informations concernant l’association que nous avons choisie, l’ADDF, nous avons décidé de trouver quelqu’un, qui, ici, en Belgique, pouvait nous en parler. C’est pourquoi, en mars dernier, nous avons eu la chance de rencontrer Mr. Bob Albertijn à notre école pour qu’il nous en apprenne plus sur l’ONG.

Mr. Albertijn est un missionnaire jésuite et professeur de mathématiques qui a vécu 30 ans au Congo et 13.5 ans au Burundi (1990-2003). Il nous a présenté les choses les plus importantes à connaître sur le Burundi et nous a par exemple appris dans quel contexte s’est créée l’ONG. En 1993 il y a eu des élections qui ont mené les hutus au pouvoir. Le président, Melchior Ndadaye, et 6 de ses ministres ont été abattus. Cela a ensuite dégénéré en guerre civile et en un atroce génocide des hutus et des tutsis. Cela a conduit a beaucoup de misère et c'est dans ce contexte que l'ONG ADDF a été mise sur pied par une ancienne de ses élèves : Mireille NIYONZIMA. Il a également partagé ses expériences, ses photos et ses vidéos avec nous pour que nous comprenions mieux en quoi consiste la mission de l’ADDF.

Nous le remercions encore de nous avoir accordé un peu de son temps pour venir nous présenter l’ADDF et sa mission ainsi que d’autres documents relatifs aux droits humains au Burundi.

Sophie

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